Jubilations du désert
ISBN: 2-912080-74-6
format 15x19 - 120 pages  

14 €

Recueil de poèmes.
Pas de raccourci
au désert
il faut aller
au pas de l'animal
qui prend soin de son ombre
sans jamais arriver ailleurs
qu'au soleil.
  «Il n'y a pas de joie plus douce que de n'être rien, de temps en temps. Je veux dire n'être plus soi à l'aube de sa jeunesse, dans la force de l' âge, au sommet de sa carrière ou au soir de sa vie. Etre ou devenir, au jour le jour, un peu plus que soi, grâce à l'herbe, à un poisson, un être ou un arbre, à une fourmi qui vous rend la vie plus extraordinaire. N'être plus soi grâce à encore moins, une souffrance enfin acceptée, ou la désespérance des mille et une façons de faire la guerre.

Est-ce paradoxal de s'estimer joyeux dans de tels moments ? C'est une façon de se dépasser un peu, dans un désert agrandi par une averse, la marche et la pesanteur de l'air que l'on devient. C'est une écriture d'aveugle qui écrit quand même avec de l'encre, dans un geste si coutumier qu'elle sera lue par un autre puisqu'elle est aussi cet autre.

L'auteur de ces poèmes n'éprouve pas le besoin de parler de Dieu. Une des joies du désert est de n'avoir pas besoin de recevoir des preuves de son existence pour être sûr qu'il est. Ces poèmes, s'ils sont très courts, sans aucun lien de parenté avec le haïku, se veulent proches de cette poésie qui a besoin de la neige pour recommencer son éternité, ou d'un oiseau pour se réjouir du vide. Quant à la solitude, on aura senti qu'au désert, elle est une joie quand même bien supérieure au seul bonheur de dire qu'on est bien là, tout seul avec tout le monde.»

Philippe de Boissy

Le recueil de poèmes de Philippe de Boissy, Jubilations du désert, a reçu le prix Charles Vildrac 2004 de la Société des Gens de Lettres.

Allocution de Sylvestre Clancier
lors de la remise du prix à la SGDL (juin 2004)

Philippe de Boissy qui a déjà publié une dizaine d’ouvrages, dont un roman et un récit autobiographique, pour la plupart aux Editions du Jasmin, nous a donné à lire avec ses Jubilations du désert une centaine de poèmes d’une élégance et d’un raffinement tout à fait remarquables, où, derrière des observations singulières, affleure constamment l’insolite.
Ecoutons-le :
« Voyage / A la boîte aux lettres / Pas de lettre / Alors tu en lis une / et tu la lis encore / trente ans après / Et tu t’avoues / après lecture / qu’elle n’a jamais dû / arriver tout à fait / puisque tu réponds / tous les jours »